Baclofen : traitement miracle ou placebo ?


14 septembre 2010, par jpanris


C’est probablement l’essai clinique le plus attendu en alcoologie depuis le projet MATCH. 
Le deuxième essai randomisé contrôlé du baclofen comme traitement de la dépendance à l’alcool vient d’être publié 
dans la revu ACER.
Pour ceux qui auraient échappé aux nombreux échanges éditoriaux, parfois houleux, entre « partisans de la prescription » 
et « partisans de la prudence », le baclofen est un traitement utilisé depuis plus de 20 ans pour traiter différentes affections
neurologiques, notamment pour son action anti‐spastique. 
Quelques travaux ont par la suite suggéré son intérêt dans le traitement de l’alcoolo‐dépendance, mais ce n’est qu’en 2007, 
avec la publication d’un essai clinique contrôlé dans le Lancet par l’équipe d’Addolorato, que l’intérêt pour cette molécule 
s’est considérablement accru. 
Dans ce premier essai clinique, 84 patients alcoolo‐dépendants ont été randomisés ; 42 participants ont été traités par baclofen, 
les autres par placebo. 
Le pourcentage de participants abstinents était significativement différent entre les deux groupes, avec 71% d’abstinence 
dans le groupe baclofen contre 29% seulement dans le groupe placebo. 
Cette étude suggérait donc non seulement un effet du baclofen à la dose de 30mg par jour, mais surtout, mettait en évidence 
un effet majeur.
Depuis, et en se basant sur cette unique étude, de nombreux praticiens prescrivent du baclofen à leurs patients alcoolo‐dépendants.
 La position de la société française d’alcoologie est plus mesurée : elle propose d’attendre de nouvelles publications confirmant 
ou non cet effet. C’est chose faite.
James Garbutt et son équipe ont évalué l’impact d’un traitement par baclofen chez 80 participants dans un nouvel 
essai randomis et contrôlé.
La moitié des sujets a été traitée par baclofen à la dose de 30 mg par jour (identique à celle utilisée par Addolorato et al.), 
l’autre moitié traitée par placebo. Tous les participants ont bénéficié d’une intervention psychosociale standardisée, 
mais de faible intensité.
Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les deux groupes en termes de durée d’abstinence 
ou de nombre de jours de grande consommation d’alcool.
La seule différence observée mettait en avant une diminution de l’anxiété dans le groupe traité par baclofen.

Quelques limites sont à souligner. Premièrement, la dose de 30 mg est considérée comme une dose faible par les
« partisans de la prescription » en France, ce qui pourrait expliquer l’absence d’efficacité. 
Toutefois, cette dose est identique à celle utilisée dans l’essai clinique d’Addolorato. 
Il est donc tout à fait licite, et même recommandé, de tenter de répliquer les résultats en utilisant un dosage similaire.
Deuxièmement, l’analyse statistique est difficile à comprendre. Les auteurs ont en effet tenu compte du sexe des participants 
dans leur randomisation puis dans leur analyse, ce qui a probablement écrasé la puissance de leur analyse. 
Ce choix méthodologique est tout à fait discutable.
Finalement, la modalité de recrutement des patients permet peut‐être d’expliquer en partie le résultat.
L’étude d’Addolorato reposait sur des patients alcoolo‐dépendants ayant développé une cirrhose, et donc une population ayant 
une forme particulièrement sévère de dépendance. A contrario, le travail de Garbutt repose sur des participants dépendants
recrutés par voie de presse, et donc sur une population à la dépendance classiquement moins sévère que la population clinique.
Malgré ces limites, l’absence de réplication est une limite majeure à la prescription de baclofen chez un patient 
alcoolo‐dépendant aujourd’hui. 
Si celle‐ci reste bien sûr un choix possible du praticien et de son patient, elle devrait se faire dans un cadre strict, 
encadré par des spécialistes en addictologie, et après une concertation pluridisciplinaire, idéalement dans le cadre d’un essai clinique.
L’absence de donnée forte dans la littérature, et notamment l’absence de réplication dans l’étude de Garbutt, 
ainsi que l’absence d’autorisation de mise sur le marché (AMM) 
dans cette indication rendent hautement hasardeuse toute prescription qui serait effectuée hors d’un tel cadre.


Base de connaissances Inserm sur l’Alcool et l’addiction – Les nouvelles – août 2010
http ://www.alcool.inserm.fr - bdcalcool@inserm.fr

Garbutt JCKampov‐Polevoy ABGallop R, Kalka‐Juhl L, Flannery BAEfficacy and Safety of Baclofen for Alcohol Dependence :
 A RandomizedDouble‐BlindPlacebo‐Controlled TrialAlcohol Clin Exp Res. 2010 Jul 21.

Congrès mondial de l’ISBRA


14 septembre 2010, par jpanris

Le Congrès Mondial de 2010 s’adresse à toute personne impliquée en alcoologie de par le monde : chercheurs, cliniciens, responsables politiques, etc.
Le programme élaboré par le Comité scientifique international comprend chaque matin des plénières avec des conférenciers de renommée mondiale, suivies de 72 sessions de symposia et ateliers réparties sur quatre jours.
Les noms des conférenciers des plénières et le thème de leur communication sont présentés dans la rubrique ’Programme Scientifique / Conférences Plénières’.
Des thèmes spécifiques de symposia sont présentés dans un aperçu du programme scientifique ; leur répartition sera affinée en fonction des propositions reçues. A noter toutefois que des symposia seront organisés par la Société Française d’Alcoologie, les lundi 13 et mardi 14, sur prévention et dispositifs de soins, alcool en milieu du travail, alcool et violence. Seront également proposés par l’Albatros : alcool et cannabis, alcool et cocaïne.
Plus de 400 présentations de posters sont attendues ; les thèmes possibles sont listés dans la rubrique ’Appel à Symposia et Communications’.
Le Comité scientifique international vous invite à proposer des symposia et des communications orales et affichées. Pour soumettre votre résumé, merci de cliquer sur ’Appel à Symposia et Communications’ et de suivre les instructions.

Zéro alcool pour Bébé


10 septembre 2010, par jpanris

C’est parti pour la 10e Journée nationale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Partout en France, les professionnels de santé vous accueillent pour vous sensibiliser aux dangers de la prise d’alcool pendant la grossesse.

Le SAF reste la première cause non génétique de handicap mental chez l’enfant. Il se traduit par un retard de croissance, un retard mental, des troubles d’apprentissage, de mémorisation ou encore des difficultés de socialisation. Chaque année, près de 8 000 petits sont concernés.

L’objectif de ces journées est avant tout d’informer le public. Le seul moyen de prévention reste l’arrêt total de la consommation d’alcool pendant la grossesse.

http://grossesse.infobebes.com/Sante/Les-interdits/Alcool-et-grossesse/Alcool-et-grossesse

Alcool et grossesse

Le mariage alcool et grossesse est un cocktail à haut risque pour la santé de Bébé. Pour les pros, c’est tolérance zéro !

Pas d’alcool pendant la grossesse !

Les substances alcoolisées traversent aisément la barrière du placenta, pénétrant directement dans le système sanguin du fœtus. D’où l’importance de ne pas consommer d’alcool pendant la grossesse, dans l’interêt de Bébé…

Les risques pour le fœtus :

- Le syndrome d’alcoolisme fœtal, source de malformations physiques sérieuses et de troubles mentaux.
- Même en quantité modérée, la consommation d’alcool, pendant la grossesse, augmente les risques de prématurité ou de faible poids à la naissance.

Un seuil à ne pas dépasser ?

Femmes enceintes, même un petit verre de temps en temps est désormais à bannir ! A l’occasion d’un repas de fête par exemple, où les tentations sont plus fortes, optez plutôt pour un délicieux cocktail de jus de fruits, histoire de lier l’utile à l’agréable !

Les effets de l’alcool sont néfastes pour le foetus, et ce, d’autant plus si vous y ajoutezcigarettes ou drogue Pendant la grossesse, pensez d’abord à votre bébé !

L’alcool dans l’entreprise préoccupe mais reste tabou


30 août 2010, par jpanris
Si la consommation d’alcool sur lieu de travail reste une préoccupation majeure pour les dirigeants, la problématique relève encore du tabou, d’autant qu’elle peut cacher des dysfonctionnements de l’organisation du travail.

Pour 62% des DRH, le "risque alcool" reste un souci majeur, c’est ce que révélait il y a encore peu de temps un sondage réalisé par l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) et l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), auprès de 800 DRH et dirigeants. Malgré cette préoccupation, peu, en revanche, ont entamé des actions. Si l’on se réfère à un autre sondage de l’Ifop réalisé en 2008 pour PSRE, une association sur le risque routier, 58% des dirigeants n’ont pris aucune mesure particulière concernant les pots en entreprise (90% des salariés participent à des pots sur le lieu de travail, qui, à 70%, sont alcoolisés). Et 91% des dirigeants n’envisagent pas d’interdire ces pots proposant de l’alcool. Or en pareil cas, la responsabilité de l’employeur peut être engagée, lorsque par exemple, un accident routier se produit entre l’entreprise et le domicile du salarié en état d’ébriété. D’une façon générale, les risques liés à la consommation d’alcool au travail ne sont pas négligeables : erreurs, absentéisme, congés maladie, accidents du travail etc.

La responsabilité de l’employeur en jeu

Le Code du Travail et la jurisprudence sont pourtant de plus en plus contraignants. Et la hiérarchie, plus fréquemment mise en cause suite à un accident mortel. La responsabilité sociale de l’entreprise devient aussi déterminante : « Sans devenir un hôpital ou un centre social, on attend d’elle qu’elle puisse prendre en compte la vulnérabilité psychosociale des salariés qui ont développé avec l’alcool une conduite addictive, et qu’elle leur permette de garder leur place dans la communauté de travail, tout en respectant les règles, les exigences de la production et de qualité du travail », observe Jean-Francois Vallette, responsable de l’association Aide Alcool.

Pour prévenir les risques, l’engagement d’une politique efficace doit être impulsé au niveau du top management. La démarche préconisée peut se faire en trois temps, via un « groupe ressource » : la prévention, le management (par exemple comment agir en cas de transgression des règles), l’aide et l’accompagnement des salariés. La démarche peut démarrer par une simple sensibilisation. Comme dans cet hôpital, situé près de Douai (Nord), où Bernard Ducrocq, responsable local de l’association « Vie Libre », assure des interventions pour le personnel infirmier. Une journée de formation est aussi un bon outil. « Ce type d’action doit se faire sur la base du volontariat car les salariés ne doivent pas se sentir stigmatisés et avoir le sentiment que la direction engage une politique répressive », précise néanmoins Jean-Luc Hulin, responsable du groupe de prévention alcool de JSPM, une filiale d’Areva, basée à Jeumont (Nord).

Pour briser les tabous sans bourse délier, les dirigeants peuvent aussi se procurer le DVD « la gestion du risque alcool en entreprise », réalisé par « Entreprise et prévention » et les grands producteurs d’alcool. D’autres groupes ont été plus loin. A la SNCF, la lutte contre le risque alcool n’est pas nouvelle, et compte un dispositif complet basé sur l’accompagnement, la prévention et les soins. Même préoccupation à la Communauté Urbaine de Lyon où des principes d’action sont clairement mentionnés dans le règlement intérieur. Depuis une quinzaine d’années, Exxon Mobil a aussi engagé une politique de prévention de l’addiction à l’alcool et aux stupéfiants, sur les postes de sécurité. Au sein de JSPM, une charte définit notamment les méthodes de gestion de crise pour un manager, au cas où l’un de ses collaborateurs se trouverait en état d’ébriété. Ce qui s’est récemment produit. « Il s’agit alors d’appliquer la procédure : retrait de la personne de son poste, entretien avec la hiérarchie le lendemain, solutions d’accompagnement, le cas échéant  », explique le responsable du groupe, Jean-Luc Hulin, un salarié lui-même ancien alcoolique. C’est cependant quand les postes de sécurité sont en jeu dans l’entreprise qu’elles se montrent les plus actives.

L’alcool peut cacher des dysfonctionnements du collectif

Mettre en place une politique alcool suppose de veiller à l’éthique. C’est bien souvent lors d’une crise que la question se pose : « En pareille situation, les collectifs de travail passent d’un positionnement bienveillant vis-à-vis de l’alcool à une répression ponctuelle contre « l’alcoolique », vite désigné comme responsable des dysfonctionnements » explique Jean-François Vallette, à Aide Alcool. Or, entre les deux, il existe une réalité complexe et paradoxale. » Parfois, la consommation d’alcool n’est que la face émergée de l’iceberg, dissimulant une souffrance. « L’alcoolémie, même faible, peut être une façon de résister au bruit, à la chaleur, à la surcharge de travail, à l’ennui, aux incohérences du management, à la confrontation face à des situations humaines difficiles ou à l’inquiétude face à la précarisation du travail », constate Jean-François Vallette. Dans la réflexion du collectif en vue de formaliser une politique alcool, il ne faudrait donc pas se voiler la face sur ces possibles dysfonctionnements.

Marie-José Gava
Mis en ligne le : 18/08/2010
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L’hippocampe, cible privilégiée du « binge drinking »


30 août 2010, par jpanris

L’hippocampe, cible privilégiée du « binge drinking ».

La neurotoxicité de l’éthanol est probablement responsable des dommages fonctionnels les plus fréquents induits par la consommation excessive d’alcool. La nature des lésions cérébrales induites par l’éthanol ainsi que les mécanismes de cette toxicité restent cependant très mal connus. Cette lacune provient, d’une part, de la difficulté à obtenir des tissus humains informatifs et, d’autre part, de l’absence de certitude quant à la possibilité d’extrapoler les résultats obtenus à partir de modèles murins.
Pour avancer sur la question, Taffe et al. ont étudié l’impact d’une consommation d’alcool importante sur l’hippocampe de singes rhésus adolescents. Pourquoi l’hippocampe ? Parce qu’il s’agit d’une des régions du cerveau où la production de nouveaux neurones (neurogenèse) est la plus intense après la naissance. On sait maintenant que cette neurogenèse reste active même à l’âge adulte et des modèles murins ont montré sa diminution chez les animaux consommant de l’alcool. De plus, l’hippocampe est impliqué dans des fonctions cérébrales telles que la mémorisation et l’apprentissage qui sont fréquemment altérées chez les buveurs excessifs, l’altération de ces fonctions pouvant, elle-même, entretenir les comportements d’alcoolisation compulsive (avec donc la possibilité d’une sorte de cercle vicieux). Pourquoi chez les singes ? Leur parenté avec l’homme est bien connue. Les primates non-humains ont un développement cérébral proche de celui des humains et, comme eux, ne se font pas prier pour consommer de l’alcool en grande quantité. (1) Pourquoi adolescents ? Parce qu’il s’agit, d’une part, d’une période où la neurogenèse est particulièrement intense et donc propice à la mise en évidence la neurotoxicité de l’alcool. D’autre part, parce que la question des conséquences cérébrales à long terme des alcoolisations adolescentes est cruciale à l’heure où le « binge drinking » fait figure de problème majeur de santé publique.
Sept singes âgés de 4 à 5 ans ont été inclus dans cette étude. Après une phase d’induction de 40 jours pendant laquelle tous les singes avaient accès à des doses croissantes d’éthanol (jusqu’à 2 g/kg/j), deux groupes ont été constitués pour la phase de maintenance d’une durée de 11 mois : les 4 singes du premier groupe avaient accès à de très fortes doses d’éthanol (3 g/kg) pendant 1 heure tous les jours tandis que les 3 derniers singes n’avaient accès qu’à des boissons non alcoolisées (groupe contrôle). Après cette phase de maintenance puis deux mois et demi d’abstinence, tous les singes ont été euthanasiés.
L’analyse de leurs hippocampes a mis alors en évidence une nette diminution de la prolifération cellulaire et de la quantité de neurone immature chez les singes du groupe alcool. On pouvait également constater chez ces singes une dégénérescence neuronale qui n’était pas présente dans le groupe contrôle. Les auteurs ont pu également caractériser finement quels étaient les types de précurseurs neuronaux affectés par l’alcool. Ces analyses complémentaires suggéraient qu’un déficit de différentiation en neurones immatures était vraisemblablement responsable de la diminution de la neurogenèse chez les animaux exposés à l’alcool.
Les résultats de cette étude semblent donc particulièrement inquiétants puisque, dans un modèle proche de l’homme, il existe encore des altérations importantes dans le cerveau des adolescents à plus de deux mois de l’arrêt de toute intoxication alcoolique. Cela veut-il dire que le « binge drinking » est susceptible d’avoir des conséquences délétères à long terme ? Si on peut légitimement le craindre, il faut éviter de tomber dans un catastrophisme excessif. Le modèle d’alcoolisation choisi par Jaffe et al., à savoir la consommation de 2 à 3 g/kg d’éthanol (l’équivalent de 2 à 3 bouteilles de vin pour une personne de 70 kg) bus quotidiennement en moins d’une heure pendant 11 mois, est un reflet très exagéré de ce qui peut être observé dans la « vraie vie ».
Si les résultats de cette étude sont importants, c’est peut-être plus parce qu’ils offrent des pistes pour essayer de décortiquer les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la neurotoxicité de l’éthanol. Les données de Taffe et al. devraient orienter les futurs travaux vers les progéniteurs neuronaux qui semblent avoir une sensibilité particulière à l’alcool. Voilà qui cadre bien avec plusieurs constations cliniques bien connues : l’existence du syndrome d’alcoolisation fœtale avait déjà suggéré que les dégâts induits par l’alcool étaient plus importants sur un cerveau en développement ; on sait aussi qu’une des principales conséquences fonctionnelles de l’abus d’alcool sur les fonctions supérieures concerne la mémoire, processus qui sollicite, même chez l’adulte, la neurogenèse ; enfin si l’alcool agit plus en inhibant la production de nouveaux neurones qu’en lésant ceux qui existent déjà cela expliquerait qu’il ait été jusqu’à présent si difficile de caractériser des lésions cérébrales spécifiques de l’intoxication alcoolique.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20534463

(1)L’utilisation dans la recherche biomédicale d’animaux dont le comportement est parfois si proche de l’homme pose cependant des problèmes éthiques épineux qu’il est difficile de ne pas mentionner.

Outox : « Un sentiment de fausse sécurité »


27 juillet 2010, par jpanris

MARNE. Le docteur châlonnais Alain Rigaud, président de l’association de prévention en alcoologie et addictologie, s’insurge à nouveau contre la nouvelle campagne de promotion de Outox, boisson présentée comme « accélérant la baisse naturelle du taux d’alcool ».

« L’EFFICACITÉ de cette boisson contre l’alcool s’apparente à celle du shampooing qui fait repousser les cheveux, à la crème qui fait diminuer le tour de taille durant votre sommeil ou au ballon qui rentre tout seul dans le but ! » Alain Rigaud, docteur marnais et président de l’association de prévention en alcoologie et addictologie, préfère manier la dérision pour dénoncer la nouvelle campagne de communication entourant Outox. Le Châlonnais ne remet pas en cause la boisson, « ce n’est pas un poison, la DGCCRF et l’ANSES n’ont donc aucune raison de l’interdire », mais il peste contre les propriétés que la communication qui entoure Outox lui attribue.
Présentée le mois dernier par ses concepteurs comme une boisson « permettant une baisse sensible à importante du taux d’alcool dans le sang », Outox s’était attiré les foudres de la communauté scientifique et du secrétaire d’État au Commerce et à la Consommation, Hervé Novelli. Un mois après, Outox revient avec une nouvelle communication indiquant désormais qu’elle « permet bien d’accélérer la baisse naturelle du taux d’alcool » et se prévaut du feu vert de la Direction de la consommation (DGCCRF).
Effet « variable d’un jour à l’autre »
« Oui, une dose massive de fructose (l’un des composants de Outox) peut faire baisser de 5 à 10 % l’alcoolémie mais ce n’est pas significatif », rétorque Alain Rigaud. « Si c’était le cas, le fructose serait alors reconnu comme un médicament. »
Sachant que le taux d’alcoolémie chez l’humain baisse naturellement de 0,15 g par heure après la fin de la consommation, « Outox se garde bien de donner des chiffres quant à son action favorisant la baisse d’alcoolémie… »
Quant à la DGCCRF, en attendant un communiqué du ministre, elle vient mettre un bémol : « On n’a rien explicitement autorisé », tout en expliquant au site Rue 89 que « les allégations santé nous posent moins de problèmes ». Et la direction de la consommation d’expliquer que « des messages de prévention ont été ajoutés », « qu’un dossier reconnaissant les effets du fructose a été déposé » et que l’ANSES, ancienne Agence française de sécurité sanitaire des aliments, a été sollicitée pour réaliser « une expertise de l’étude sur les effets du produit »…
Les précautions prises, via des astérisques, par les fabricants, expliquant que l’effet de Outox est « variable suivant les individus, leur poids, leur âge, leur sexe, leur état de santé et d’un jour à l’autre », semblent livrer un premier élément de réponse.
Tout cela serait presque risible si cette boisson, jouant sur le buzz, n’instillait pas la tentation de se livrer à des comportements à risques. « Ce marketing joue sur les croyances et l’espérance des gens qui en tirent un sentiment de fausse sécurité », reproche le docteur Rigaud. « Le fabricant rétorque que ce n’est pas sa volonté, mais il joue avec le feu. »
Frédéric GOUIS

L’alcool, le dernier tabou des femmes


12 juillet 2010, par jpanris

Cinq pour cent des Françaises ont un problème d’addiction. Un phénomène en hausse, engendré par la compétition au travail…

Le JDD Santé | 10 Juillet 2010

Il y a des larmes cachées sous le maquillage, des superwomen qui titubent sitôt passée la porte du bureau. Psychiatre spécialiste des addictions, Fatma Bouvet de La Maisonneuve a ouvert en 2007 à l’hôpital Saint-Anne à Paris une consultation d’alcoologie spécialement destinée aux femmes. Dans un livre qui vient de paraître (1), elle raconte l’histoire de ces employées modèles qui ne viendraient pas à bout de leur double journée sans se doper au Kir ou au Martini.

Si l’alcoolisme des hommes –comme en témoigne le succès de l’ouvrage du producteur Hervé Chabalier–, comme celui des jeunes, est un sujet de société débattu, celui des femmes reste, de l’aveu de nombreux médecins, encore tabou. "La première chose que les patientes me disent, c’est à quel point elles ont honte. Les gens ignorent que c’est une maladie. Pour eux, une femme qui boit est une moins que rien. Alors, elles gardent le secret et leurs familles se font complices de ce silence", relève cette féministe engagée. Une constatation partagée par le professeur de psychiatrie Michel Lejoyeux (2) : "La société a honte pour les femmes. On considère que l’alcool est une affaire d’hommes et on ferme les yeux."
La souffrance au travail est un élément déclencheur

Selon l’Inserm, 5% des femmes ont eu, ou ont toujours, un usage problématique de ce produit (contre 15% de l’ensemble des hommes). En consomment-elles davantage que par le passé ? "On n’a pas de données fiables sur le sujet mais tous les alcoologues reçoivent de plus en plus de patientes", précise le psychiatre Michel Lejoyeux. Les femmes ont tendance à boire seules, chez elles, mais aussi de plus en plus souvent en groupe, avec leurs copines, ou lors de déjeuners d’affaires, copiant les usages masculins.

Sans ignorer le fait que le fléau frappe tous les âges et tous les milieux sociaux, Fatma Bouvet de La Maisonneuve dévoile la détresse de celles qu’elle reçoit dans sa consultation parisienne. Cadres du privé, professeures ou journalistes, toutes brillantes et diplômées, qui, selon l’Institut national de veille sanitaire, boivent plus que les autres. "Plus on est socialement brillant, intellectuellement raffiné, plus on peut se mentir et mentir aux autres", note Michel Lejoyeux. La position de pouvoir constituerait même un handicap, selon ce médecin : "On ose rarement dire à sa supérieure qu’elle a un problème avec l’alcool. Le statut social fait peur et isole."

Pourquoi ces femmes éprouvent-elles le besoin de boire ? Selon Fatma Bouvet de La Maisonneuve, l’élément déclencheur est souvent la souffrance au travail, le stress et quelquefois le harcèlement moral. "Elles peinent à évoluer dans un univers où les valeurs dominantes sont encore masculines et où les inégalités salariales entre les sexes ont peu diminué. Au départ, elles boivent parce que ça les rassure, mais à long terme, cela ne résout rien. Au contraire, cela entraîne souvent des complications anxieuses."

Autre raison de leurs difficultés, selon la psychiatre de l’hôpital Sainte-Anne, l’impossible conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Mais pour le professeur Lejoyeux, le travail n’explique pas à lui tout seul la montée des addictions féminines : "Une dépendance est toujours le résultat de plusieurs facteurs. Outre les facteurs sociaux, il faut prendre en compte la biologie et l’histoire familiale." Tabou dans le tabou, plusieurs alcoologues soulignent que de nombreuses jeunes femmes boivent pour parvenir à avoir des relations sexuelles.

(1) Les Femmes face à l’alcool, résister et s’en sortir, Odile Jacob 2010.
http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/L-alcool-le-dernier-tabou-des-femmes-206368/

Grossesse : la consommation d’alcool affecterait la fertilité des garçons


5 juillet 2010, par jpanris

Selon une récente étude danoise, les femmes qui consomment plus de 4 verres et demi d’alcool par semaine pendant leur grossesse pourraient affecter la fertilité de leur fils.

Les femmes qui consomment plus de 4 verres et demi d’alcool par semaine pendant leur grossesse pourraient affecter la fertilité de leur garçon. C’est ce que révèle une étude danoise, rendue publique lundi à l’occasion de la 26ème Conférence annuelle de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie, et publiée dans le journal Human Reproduction

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont observé 347 garçons et leurs mères. Résultat : à 20 ans, les hommes exposés à l’alcoolin utero avaient une qualité desperme plus faible d’un tiers par rapport à ceux dont les mamans consommaient moins de deux verres par semaine pendant leur grossesse. L’auteure de l’étude, le Dr Cecilia Ramlau-Hansen, reste toutefois prudente. "Notre étude ne permet pas d’affirmer que l’alcool est la cause de troubles de la fécondité, et de plus amples recherches sont nécessaires avant d’établir un lien causal", a-t-elle précisé. 

1er juillet 2010

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