Outox : « Un sentiment de fausse sécurité »


27 juillet 2010, par jpanris

MARNE. Le docteur châlonnais Alain Rigaud, président de l’association de prévention en alcoologie et addictologie, s’insurge à nouveau contre la nouvelle campagne de promotion de Outox, boisson présentée comme « accélérant la baisse naturelle du taux d’alcool ».

« L’EFFICACITÉ de cette boisson contre l’alcool s’apparente à celle du shampooing qui fait repousser les cheveux, à la crème qui fait diminuer le tour de taille durant votre sommeil ou au ballon qui rentre tout seul dans le but ! » Alain Rigaud, docteur marnais et président de l’association de prévention en alcoologie et addictologie, préfère manier la dérision pour dénoncer la nouvelle campagne de communication entourant Outox. Le Châlonnais ne remet pas en cause la boisson, « ce n’est pas un poison, la DGCCRF et l’ANSES n’ont donc aucune raison de l’interdire », mais il peste contre les propriétés que la communication qui entoure Outox lui attribue.
Présentée le mois dernier par ses concepteurs comme une boisson « permettant une baisse sensible à importante du taux d’alcool dans le sang », Outox s’était attiré les foudres de la communauté scientifique et du secrétaire d’État au Commerce et à la Consommation, Hervé Novelli. Un mois après, Outox revient avec une nouvelle communication indiquant désormais qu’elle « permet bien d’accélérer la baisse naturelle du taux d’alcool » et se prévaut du feu vert de la Direction de la consommation (DGCCRF).
Effet « variable d’un jour à l’autre »
« Oui, une dose massive de fructose (l’un des composants de Outox) peut faire baisser de 5 à 10 % l’alcoolémie mais ce n’est pas significatif », rétorque Alain Rigaud. « Si c’était le cas, le fructose serait alors reconnu comme un médicament. »
Sachant que le taux d’alcoolémie chez l’humain baisse naturellement de 0,15 g par heure après la fin de la consommation, « Outox se garde bien de donner des chiffres quant à son action favorisant la baisse d’alcoolémie… »
Quant à la DGCCRF, en attendant un communiqué du ministre, elle vient mettre un bémol : « On n’a rien explicitement autorisé », tout en expliquant au site Rue 89 que « les allégations santé nous posent moins de problèmes ». Et la direction de la consommation d’expliquer que « des messages de prévention ont été ajoutés », « qu’un dossier reconnaissant les effets du fructose a été déposé » et que l’ANSES, ancienne Agence française de sécurité sanitaire des aliments, a été sollicitée pour réaliser « une expertise de l’étude sur les effets du produit »…
Les précautions prises, via des astérisques, par les fabricants, expliquant que l’effet de Outox est « variable suivant les individus, leur poids, leur âge, leur sexe, leur état de santé et d’un jour à l’autre », semblent livrer un premier élément de réponse.
Tout cela serait presque risible si cette boisson, jouant sur le buzz, n’instillait pas la tentation de se livrer à des comportements à risques. « Ce marketing joue sur les croyances et l’espérance des gens qui en tirent un sentiment de fausse sécurité », reproche le docteur Rigaud. « Le fabricant rétorque que ce n’est pas sa volonté, mais il joue avec le feu. »
Frédéric GOUIS

L’alcool, le dernier tabou des femmes


12 juillet 2010, par jpanris

Cinq pour cent des Françaises ont un problème d’addiction. Un phénomène en hausse, engendré par la compétition au travail…

Le JDD Santé | 10 Juillet 2010

Il y a des larmes cachées sous le maquillage, des superwomen qui titubent sitôt passée la porte du bureau. Psychiatre spécialiste des addictions, Fatma Bouvet de La Maisonneuve a ouvert en 2007 à l’hôpital Saint-Anne à Paris une consultation d’alcoologie spécialement destinée aux femmes. Dans un livre qui vient de paraître (1), elle raconte l’histoire de ces employées modèles qui ne viendraient pas à bout de leur double journée sans se doper au Kir ou au Martini.

Si l’alcoolisme des hommes –comme en témoigne le succès de l’ouvrage du producteur Hervé Chabalier–, comme celui des jeunes, est un sujet de société débattu, celui des femmes reste, de l’aveu de nombreux médecins, encore tabou. "La première chose que les patientes me disent, c’est à quel point elles ont honte. Les gens ignorent que c’est une maladie. Pour eux, une femme qui boit est une moins que rien. Alors, elles gardent le secret et leurs familles se font complices de ce silence", relève cette féministe engagée. Une constatation partagée par le professeur de psychiatrie Michel Lejoyeux (2) : "La société a honte pour les femmes. On considère que l’alcool est une affaire d’hommes et on ferme les yeux."
La souffrance au travail est un élément déclencheur

Selon l’Inserm, 5% des femmes ont eu, ou ont toujours, un usage problématique de ce produit (contre 15% de l’ensemble des hommes). En consomment-elles davantage que par le passé ? "On n’a pas de données fiables sur le sujet mais tous les alcoologues reçoivent de plus en plus de patientes", précise le psychiatre Michel Lejoyeux. Les femmes ont tendance à boire seules, chez elles, mais aussi de plus en plus souvent en groupe, avec leurs copines, ou lors de déjeuners d’affaires, copiant les usages masculins.

Sans ignorer le fait que le fléau frappe tous les âges et tous les milieux sociaux, Fatma Bouvet de La Maisonneuve dévoile la détresse de celles qu’elle reçoit dans sa consultation parisienne. Cadres du privé, professeures ou journalistes, toutes brillantes et diplômées, qui, selon l’Institut national de veille sanitaire, boivent plus que les autres. "Plus on est socialement brillant, intellectuellement raffiné, plus on peut se mentir et mentir aux autres", note Michel Lejoyeux. La position de pouvoir constituerait même un handicap, selon ce médecin : "On ose rarement dire à sa supérieure qu’elle a un problème avec l’alcool. Le statut social fait peur et isole."

Pourquoi ces femmes éprouvent-elles le besoin de boire ? Selon Fatma Bouvet de La Maisonneuve, l’élément déclencheur est souvent la souffrance au travail, le stress et quelquefois le harcèlement moral. "Elles peinent à évoluer dans un univers où les valeurs dominantes sont encore masculines et où les inégalités salariales entre les sexes ont peu diminué. Au départ, elles boivent parce que ça les rassure, mais à long terme, cela ne résout rien. Au contraire, cela entraîne souvent des complications anxieuses."

Autre raison de leurs difficultés, selon la psychiatre de l’hôpital Sainte-Anne, l’impossible conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Mais pour le professeur Lejoyeux, le travail n’explique pas à lui tout seul la montée des addictions féminines : "Une dépendance est toujours le résultat de plusieurs facteurs. Outre les facteurs sociaux, il faut prendre en compte la biologie et l’histoire familiale." Tabou dans le tabou, plusieurs alcoologues soulignent que de nombreuses jeunes femmes boivent pour parvenir à avoir des relations sexuelles.

(1) Les Femmes face à l’alcool, résister et s’en sortir, Odile Jacob 2010.
http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/L-alcool-le-dernier-tabou-des-femmes-206368/

Grossesse : la consommation d’alcool affecterait la fertilité des garçons


5 juillet 2010, par jpanris

Selon une récente étude danoise, les femmes qui consomment plus de 4 verres et demi d’alcool par semaine pendant leur grossesse pourraient affecter la fertilité de leur fils.

Les femmes qui consomment plus de 4 verres et demi d’alcool par semaine pendant leur grossesse pourraient affecter la fertilité de leur garçon. C’est ce que révèle une étude danoise, rendue publique lundi à l’occasion de la 26ème Conférence annuelle de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie, et publiée dans le journal Human Reproduction

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont observé 347 garçons et leurs mères. Résultat : à 20 ans, les hommes exposés à l’alcoolin utero avaient une qualité desperme plus faible d’un tiers par rapport à ceux dont les mamans consommaient moins de deux verres par semaine pendant leur grossesse. L’auteure de l’étude, le Dr Cecilia Ramlau-Hansen, reste toutefois prudente. "Notre étude ne permet pas d’affirmer que l’alcool est la cause de troubles de la fécondité, et de plus amples recherches sont nécessaires avant d’établir un lien causal", a-t-elle précisé. 

1er juillet 2010

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